Les perspectives de croissance se tassent partout !
Une croissance faible des économies avancées, un ralentissement de l'activité dans les pays émergents, une économie américaine qui ne retrouve pas son dynamisme d'avant-crise, une zone euro languissante : le scénario conjoncturel présenté, jeudi 6 octobre, par l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) sous le titre « La reprise se grippe » n'incite guère à l'optimisme.
L'activité avait déjà fléchi au deuxième trimestre 2011 dans les économies avancées en raison des conséquences du séisme au Japon, de la hausse des prix des matières premières et, concède l'Insee, sans doute également de l'orientation plus restrictive des politiques économiques (lutte contre la surchauffe inflationniste dans les pays émergents, consolidations budgétaires dans la zone euro). Pour la première fois depuis la mi-2009, le commerce mondial s'est même contracté (- 0,6%).
L'été n'a rien arrangé. Les inquiétudes autour des dettes souveraines en Europe, la dégradation des conditions de financement de plusieurs Etats européens, la révision des chiffres de la croissance aux Etats-Unis qui a semé le doute sur la capacité de rebond de l'économie américaine, ont alimenté un «choc d'incertitude » à l'origine de tensions croissantes sur les marchés interbancaires dans la zone euro et d'une chute sévère des bourses mondiales.
Dans ce contexte délétère, le climat des affaires s'est brutalement détérioré dans les économies avancées qui ne retrouveront pas d'élan au second semestre. La croissance américaine resterait faible : + 0,4% au troisième trimestre et +0,3% au quatrième, prévoit l'Insee. Dans la zone euro, le PIB ne progresserait que de 0,1% au quatrième trimestre et stagnerait au quatrième. Sur l'ensemble de 2011, le PIB américain progresserait comme celui de la zone euro : + 1,6%.
La France ferait un tout petit mieux : + 1,7% , mais le second semestre de cette année verrait la croissance ralentir puis caler. L'acquis de croissance pour 2012 serait, à 0,2%, l'un des plus faibles de la décennie. Il faudrait retrouver une croissance trimestrielle de 0,6% tous les trimestres pour atteindre les 1,75% de croissance prévus par le gouvernement en 2012. Dans l'environnement international actuel, cela semble hors d'atteinte.
Le marché du travail continuerait de se dégrader. Les créations nettes d'emplois dans le secteur marchand non agricole passeraient de 112.000 au premier semestre à seulement 24.000 au second. Quant au taux de chômage, il remonterait légèrement d'ici à la fin de l'année pour s'établir à 9,2% (comme au premier trimestre) en France métropolitaine et à 9,7% (Dom compris).
BLOG/PCF VIERZON