Les pyromanes : comment lutter contre l’absentéisme scolaire ?

Publié le par Section Pcf Vierzon

Fin juin 2010, l’Assemblée Nationale a voté, sur proposition de l’UMP, la suspension des allocations familiales en cas d’absentéisme scolaire. Voila une décision de pyromanes se faisant passer pour des pompiers !sarkozypoliceecole350.jpg
Les évaluations de l’administration comme les recherches universitaires ont déjà montré l’inefficacité en la matière de la seule sanction. L’objectif de l’UMP est donc ailleurs : mettre à l’index les familles et les élèves en difficulté ; faire de tout problème de société un problème de culpabilité individuelle, qui dédouane le gouvernement des effets de sa politique qui ne peut qu’accroitre l’absentéisme.
La suppression des postes de travailleurs sociaux et des professionnels de l’éducation nationale (conseillers d’orientation-psychologues, enseignants de RASED, conseillers principaux d’éducation, etc.) ne peut que laisser s’enfoncer davantage les familles les plus précaires (qui sont le plus souvent concernées par l’absentéisme).

Les culpabiliser et les sanctionner financièrement est inefficace et scandaleux de la part de l’UMP qui les étrangle.
Les recherches sur le décrochage montrent que pour les jeunes à la scolarité fragile, les complications matérielles accroissent les absences. Or, ces conditions matérielles sont aggravées par la politique actuelle : les déplacements lointains vont s’accroitre avec les regroupements d’établissements prévus par le gouvernement en primaire comme dans le secondaire. Et, du fait des suppressions de postes, les enseignants malades non remplacés vont accroitre les situations de discontinuités pédagogiques si propices au décrochage des plus fragiles.
La politique de la droite, en concentrant les élèves dans les classes, en raréfiant le personnel enseignant et en saccageant sa formation, dégrade les conditions d’études des élèves.
Et elle renonce à enseigner à toute une génération la même chose en cantonnant les écoles populaires à de l’exécution sans compréhension : les élèves ne pourront que ressentir les effets de cette politique et, pour les plus fragiles, se décourager d’étudier, donc de venir à l’école.
Au rebours de ce vote démagogique et contre-productif, plutôt que d’accroître le problème, qui existait certes avant ces gouvernements, il faut s’y attaquer réellement. Le décrochage n’est pas une fatalité.
Une politique de démocratisation scolaire pourrait créer les conditions pédagogiques qui donnent envie aux enfants de venir apprendre, d’identifier le sens de l’école, de saisir le pouvoir de comprendre le monde que la scolarité peut procurer. L’allongement des études pour toute une génération est compatible avec la réussite de tous les élèves, mais pas à n’importe quelles conditions pédagogiques créées par le politique.

Plan de recherche en éducation, relance de la formation des maîtres, dégagement d’heures des enseignants pour les associer à la réflexion pédagogique, soutien aux familles et aux jeunes… voilà des orientations à rebours de ce vote inefficace et démagogique.

BLOG/JMR

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Publié dans VIE du PARTI

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