Marie-France Beaufils « Candidate pour une gauche bien à gauche »
Sénatrice et maire de Saint-Pierre-des-Corps, tête de liste du Front
de gauche en région Centre.
Vous avez décidé de présenter, avec le Front de gauche, une liste au premier tour. Pourquoi ?
Marie-France Beaufils. Avec ce qui nous attend, il y a besoin d’ancrer bien à gauche la gestion de la région. Avec l’Europe du traité de Lisbonne, les directives services vont être très lourdes de conséquences pour l’action publique. Nous n’avons pas tous, à gauche, la même perception du danger. Nous voulons que la région soit le moteur dans le refus de voir appliquer ces directives qui remettent en cause les services publics comme ceux des transports, de la formation… Avec notre liste, les électeurs donneront de la force à ceux qui font de la défense des services publics, une priorité. Autre préoccupation, le projet de réforme des collectivités territoriales, qui remet en cause la compétence générale des régions et qui favorise la fusion de communes. Là aussi, les avis divergent à gauche. Le vote Front de gauche sera un vote d’opposition à cette réforme qui remet en cause la démocratie locale, la possibilité, pour les collectivités, de répondre en proximité aux besoins des populations.
Quels sont, pour la région, les choix essentiels que vous portez ?
Marie-France Beaufils. Face à un pouvoir qui casse les services publics, la région doit être un véritable pôle de résistance. Elle doit se donner pour ambition d’agir en faveur de la modernisation et du développement des services publics. C’est ce que nous avons fait, par exemple, dans le domaine des transports avec le vice-président, communiste, Jean-Michel Baudin, et qu’il faut amplifier. Nous voulons aussi que notre région développe ses points forts comme la filière automobile, la maintenance énergétique, la déconstruction du nucléaire,
Quels sont les échos de votre campagne sur le terrain ?
Marie-France Beaufils. Il y a, au regard de ce que vivent les gens, de la colère qu’il faut bien entendre. Il y a aussi de la déception vis-à-vis de la politique en général et de la gauche en particulier, quand celle-ci s’adapte au système plutôt que de le combattre. Au total, une volonté très forte de battre la droite et d’une gauche combative. De ce point de vue, après les élections européennes où la liste Front de gauche avait marqué des points en région Centre, il y a une certaine satisfaction de voir qu’une nouvelle fois, la possibilité est offerte aux élections régionales de bouger la gauche avec, au premier tour, des listes du Front de gauche.
Entretien réalisé par Max Staat