Mélenchon en route pour "empêcher un hold-up électoral" de Marine le Pen à Hénin-Beaumont.
La candidature de Jean-Luc Mélenchon à Hénin-Beaumont pour les législatives face à Marine Le Pen est bien engagée. Le candidat à la présidentielle 2012 pour le Front de gauche devrait officialiser son nouveau challenge samedi à 13 heures, lors d'une conférnec de presse à Hénin-Beaumont même.
La démarche a reçu le soutien appuyé de Pierre Laurent ce vendredi. "Ce duo (Mélenchon-Poly, secrétaire départemental PCF du Pas-de-Calais) remettrait la gauche au niveau où elle doit se mettre pour empêcher un holp-up électoral de Marine Le Pen", a estimé le secrétaire national du Parti communiste français ce vendredi.
Lors d'une conférence de presse en marge du Conseil national du PCF, Pierre Laurent a estimé que le "tandem" Jean-Luc Mélenchon-Hervé Poly présentait "une possibilité de victoire dans cette circonscription", même s'"il y a toujours à cette heure d'autres possibilités" de points de chute pour l'ex-candidat à l'Elysée (11,1%). Pour lui, la candidature Mélenchon "créerait une situation de rassemblement dans la gauche dès le premier tour": "des contacts montrent que beaucoup de gens à gauche, qui souffrent de la situation à gauche, trouveraient dans cette candidature le moyen d'un rassemblement aux frontières nouvelles".
Parole aux militants du Pas-de-Calais:
Ce vendredi soir, un vote de la direction départementale du Pas-de-Calais qui regroupe une cinquantaine de représentants de militants PCF se tiendra à huis clos à Lens, pour une validation finale, a expliqué Hervé Poly. Après ce vote, la décision sera "prise probablement demain (samedi) ou au plus tard à la fin du week-end", "in fine par Jean-Luc Mélenchon", a souligné Pierre Laurent, assurant qu'il n'y avait pas de discussion avec le PS sur ce point.
Un scénario envisagé dès lundi dernier:
Mercredi matin, une réunion du conseil de circonscription réunissant une trentaine de personnes s'est tenue à Hénin-Beaumont, avec "un vote indicatif", "quasi-unanimement positif", a expliqué le secrétaire départemental PCF du Pas-de-Calais, jusqu'ici candidat mais prêt à laisser sa place, dont l'intervention devant le Conseil national, ce matin,a été "très chaleureusement applaudie", ce qui n'est pas habituel au CN, a relevé Pierre Laurent qui avait "saisi les camarades" du Pas-de-Calais sur l'hypothèse Mélenchon lundi dernier.
Lens et Calais dans le viseur du Front de gauche. Pierre Laurent a également jugé que le Front de gauche avait "beaucoup d'ambition dans ce département" du Pas-de-Calais, avec les "conquêtes de Lens et Calais", dont le communiste Jacky Hénin fut maire entre 2000 et 2008.
Samedi 12 mai 14H05:
Jean-Luc Mélenchon a officialisé sa candidatures aux législatives de la 11e circonscription du Pas de Calais, aux côté d'Hervé Poly, le premier secrétaire fédéral du PCF du département. Une candidature symbolique, qui vise à affronter frontalement Marine Le Pen sur fond de souffrance sociale.
C'est à Hénin-Beaumont qu'Hervé Poly et Jean-Luc Mélenchon ont présenté leur candidature commune aux législatives. Ville dans laquelle Marine Le Pen avait déjà été candidate aux législatives de 2007 et où la candidate du FN a recueilli 31 % des voix au premier tour des présidentielles. Mais au second tour, François Hollande s'y est largement imposé à plus de 60 %, Jean Luc Mélenchon y avait frôle les 15 %. Une terre à gauche, ce qu'a rappelé Hervé Poly (en photo à droite) : "Cette terre est à gauche, elle a vue des députés communistes, des députés socialistes, elle verra demain un député du Front de gauche, c'est notre volonté !"
Le premier secrétaire fédéral du parti communiste a accueilli Jean-Luc Mélenchon dans la circonscription et a assuré que sa candidature avait été un choix démocratique. Il a ainsi déclaré que "les camarades sont unis derrière le nouveau candidat. C'est le meilleur des candidats. C'est une chance dans ce pays minier, dans ce pays de solidarités."
- Extraits de la déclaration de candidature de Mélenchon :
"Je pense que nous mesurons tous le caractère extraordinaire de ce que nous allons entreprendre ensemble. En ayant reçu tant de gestes de fraternité, j'ai bien compris que vous m'accueillez pour la bataille qui s'annonce. Mais une bataille menée avec la raison, les arguments ; il n'y aura pas de bataille de chien. […] Nous sommes pour l'instant la deuxième force de gauche. Mais pour ce qui est de la clarté des perspective et de la force des idées, nous sommes la première.
Ce pays a été martyrisé par le libéralisme, il n'y a pas d'autres mots. Quelques soit les efforts de vos élus locaux, la solution est nationale et internationale. La loi peut rendre impossible que les patrons voyous saccagent le tissu industriel. La loi peut les punir. Dans la bataille que nous allons mener vont se confronter deux visions de la sortie de crise. Comme en Europe. Je ne viens pas faire semblant que je vais sortir de ma musette des emplois, des usines. Non, nous allons demander à chacun de répondre à cette question : le problème c'est les immigrés ou les banquiers ? C'est les immigrés qui ferment les usines ? Non. Si vous voulez vous interdire les licenciements boursiers, votez Mélenchon et Poly.
[...]
La bataille face au Front National est indispensable. On me dit : vous en faites une fixation, une affaire personnelle. Mais c'est une affaire collective ! Le glissement de la droite vers l’extrême droite, je ne l'ai pas inventé. Quand on en attaque un on attaque l'autre. Et oui je viens mener bataille contre la droite, car je suis la gauche. Je mets au défie madame Le Pen. Mais avec des arguments, ayant un débat. Car nous misons sur l'intelligence et le cœur de chacun. Rue par rue, porte par porte, nous allons nous y mettre, dans toute la circonscription.
Et je demande aux socialistes de mettre de côté les batailles locales, les querelles, les tricheries aux élections... Il faut lancer une rénovation pour rassembler chaque conscience de gauche. Quiconque vote pour nous ne s'engage pour rien d'autre que pour l'Humain d'abord.
Je veux aussi vous dire que c'est une fierté, un orgueil pour moi d'avoir été votre candidat aux présidentielles. Et comme je suis fier aujourd’hui d'être le candidat des communistes du Pas de Calais. Nous ne sommes pas ici sur les terres de Madame Le Pen. Ici c'est la gauche, c'est le drapeau rouge, la résistance."
BLOG/PCF Vierzon
