Mobilisation générale pour un Service public du fret ferroviaire SNCF.
Alors que les cheminots et leurs syndicats se mobilisent depuis des mois et formulent des propositions pour le développement du transport de marchandise
pars le rail dans le cadre du service public SNCF, on assiste à une opération de communication de la direction de l’entreprise et du gouvernement qui cache une stratégie de démantèlement de l’outil et de l’activité fret ferroviaire de proximité.
Ainsi sont annoncés à grand renfort de communication publicitaire que des millions de camions vont prendre le train grâce développement de TGV Fret. C’est vrai. Mais, ce que ne dit pas la communication publicitaire, c’est que dans le cadre de l’ouverture à la concurrence, la SNCF déploie une stratégie d’abandon de l’activité dite du « wagon isolé » pour se concentrer sur les trains entiers à fort taux de rentabilité.
Le wagon isolé est utilisé surtout par les PME est un wagon, tout seul...mais ils sont combien en tout? Et combien de camions en plus sur la route?
Sont-ils comptés dans le bilan écologique? Et ce ne sont pas des camions seulement sur des nationales, mais aussi sur des départementales, voire des voiries communales.
Ce plan risque aussi de se traduire par la suppression de 6000 emplois. Il faut donc sauver le fret et soutenir les cheminots en lutte.
Cette activité du Fret permet, dans le cadre d’un maillage fin du territoire et d’infrastructures de proximité avec les chargeurs, de regrouper des « petites » quantités de marchandises et de les regrouper afin de les transporter par le rail plutôt que par la route.
Comme le souligne, Didier Le Reste, le secrétaire de la CGT cheminot "sous le double effet des politiques nationales de casse des Services Publics et des directives de libéralisation de l’Union Européenne, la SNCF est soumise, depuis plusieurs années, à une succession de réorganisations menées au pas de charge, sans véritable concertation." Jugeant que ce mode n’est pas assez rentable, la SNCF créé des filiales de transports par camion et réduit sa propre activité de fret ferroviaire.
Comme s'en indigne Didier Le Reste, cet abandon se traduira par 6000 emplois qui seront "jetés" sur le ballast".
Dans la Région Centre « SNCF », comment ne pas être ulcéré de voir qu’au moment où est engagé au plan national un processus national de concertation sur l’avenir des ateliers du Matériel, la direction de la SNCF envoie, une dizaine de camions pour délocaliser une partie des charges de travail des ateliers du Mans !.
Ce sont ainsi plusieurs centaines d’emplois de cheminots qui peuvent disparaître auxquels s’ajouteraient des emplois induits.
Les hectares de terrains rendus disponibles par la fermeture du site aiguisent déjà des appétits immobiliers. Pour y loger qui ? Certainement pas des familles modestes ou frappées par le chômage.
En plein contradiction avec les orientations du Grenelle de l’Environnement et, au-delà, avec l’exigence impérieuse de réduire les émissions de gaz à effet de serre et donc le trafic routier, l’abandon de l’activité « wagon isolé » va ajouter des millions de camions sur les routes, avec des chauffeurs dont par ailleurs on augmente la durée du temps de travail.
Comment entendre aujourd’hui, sans être traversé par un sentiment de colère, les déclarations du Président de la SNCF consistant à reconnaître, la main sur le coeur, que les plans successifs du Fret ont été des échecs et que la déréglementation du travail (dumping social) qu’il voulait nous imposer n’était pas et n’est pas la solution aux problèmes posés ?
Où est la rentabilité pour la société, l’emploi, l’environnement, l’aménagement du territoire, la planète ?
Or l’existence d’un service public dense de transport de marchandises par le rail dans cette Région Centre où les routes sont déjà saturées, se fait croissante.
Y ajouter des camions serait pour le moins catastrophiques.
Alors que s’engage le débat sur les lois de réformes des collectivités et du Grand Paris, les communistes lancent un appel à une mobilisation générale en faveur du service public SNCF de Fret ferroviaire, afin qu’il soit maintenu, développé et modernisé, dans le cadre d’un grand plan transport multimodale dans la Région Centre.
C’est un enjeu économique, écologique, énergétique, social et urbain essentiel pour l’avenir.