Non à la « règle d’or »! Ce n’est pas notre dette ! C’est leur système qui est en crise !
Il ne se passe pas une journée sans qu'un ministre ou un autre expert explique sur les ondes ou dans les journaux que la « règle d’or » voulue par le président de la République serait la mesure de bon sens, inéluctable et indispensable pour rassurer les marchés financiers et réduire la dette. Il s’agirait d’inscrire dans la Constitution l’impératif de l’équilibre budgétaire et une limitation des dépenses publiques.
On sait maintenant que François Hollande s’y oppose, dans l’immédiat, et y compris ( J. DELORS dit que c'est un piège à con) pour ne pas tomber dans le piège tendu par Sarkozy… Quel soulagement ! Il annonce toutefois, pour paraître « responsable », qu'il faudra le faire après l’élection présidentielle. Nous voilà « rassurés » sur « la continuité » !
Ce projet découle du récent « Pacte pour l’euro plus » adopté par tous les gouvernements. Pour sauver les profits de ce qu'il faut bien appeler la bourgeoisie, les dirigeants européens détruisent les droits sociaux et les services publics. Comme le demande Angela Merkel au nom des patrons des multinationales, ils voudraient une garantie de plus : une réforme constitutionnelle ou une loi cadre pour instaurer l'austérité de façon « contraignante et durable ». Cette règle nouvelle s’imposerait à toute nouvelle majorité élue, quelle qu’elle soit. Il faudrait que tous les hommes et femmes d’État acceptent, par avance, de s'y soumettre. La politique économique serait donc exclue de tout débat citoyen. Est-ce cela la démocratie ?
Cette réforme constitutionnelle ne doit pas voir le jour !
Nous nous félicitons de voir réuni un ensemble de forces comprenant toutes les organisations politiques de la gauche non sociale-libérale (dans et au-delà du Front de gauche), des organisations syndicales et des associations comme ATTAC autour de l'appel « Ce n’est ni notre crise ni notre dette ! Non à la règle d’or ! ». Nous avons ainsi une base pour une série d’actions coordonnées.
« Nous ne devons pas payer des dettes qui sont le résultat de cette soumission », comme le dit le texte unitaire adopté. Elles sont illégitimes et les peuples ne doivent pas en faire les frais. Nous exigeons un moratoire et des audits citoyens sur les dettes publiques. Les profiteurs de ce système ont souvent gagné énormément sur des emprunts donnant droit à la défiscalisation. Tous les riches que ce Président sert (voir l'étude « 737 maîtres du monde contrôlent 80 % de la valeur des entreprises mondiales ») ont bénéficié à l’extrême de ses réformes de la fiscalité depuis dix ans. Combien d'entreprises du CAC 40 - non contentes de payer en moyenne deux fois moins d’impôts sur les bénéfices que les PME - délocalisent leurs profits dans les paradis fiscaux ? Le nombre de ces derniers a doublé depuis le moment où Sarkozy a prétendu les éradiquer (Voir le rapport du CCFD-Terre Solidaire).
Citoyens, élus, organisations syndicales, associatives, politiques, collectifs de lutte pour les services publics, nous devons tous nous mobiliser pour faire barrage à cette « règle d’or » des financiers. Que Sarkozy s'obstine à la mettre en œuvre dans les mois qui viennent ou qu'elle soit remise à l'ordre du jour au lendemain de l'élection présidentielle, il faut nous y opposer comme nous devons, ensemble, nous mobiliser contre les « mesures d’austérité » imposées par le Président des riches.
BLOG/PCF Vierzon