Nous revenons sur la réforme des retraites. Pour moi ça ne passe pas !
Les salariés du secteur privé comme ceux du secteur public savent
désormais que l'horizon proposé par la droite et le patronat est celui d’une retraite au rabais, sans garantie : augmentation de la durée de cotisation jusqu'à 42 ans, augmentation des cotisations salariales, baisse des pensions. La retraite est en passe d'être transformée en un minimum vieillesse.
C'est un terrible recul de civilisation. Alors que les profits des grandes entreprises sont en hausse considérable, et que les spéculations financières gangrènent l'économie, le gouvernement a décidé d'aggraver le mal en réduisant les prestations et en introduisant de la capitalisation dans le système. Il propose de travailler plus et de gagner moins.
Avec cette politique seul le capital financier ramasse la mise. La retraite est un choix de société qui ne doit pas être remis en cause. Cette politique est au service des privilégiés. Il faut faire valoir une autre répartition des richesses créées. La régression sociale qui nous est engagée est sans précédent, elle inverse de manière considérable la tendance séculaire à la baisse du temps de travail. Le droit au départ à soixante ans à taux plein doit être assuré et le taux de remplacement des salaires doit l'être dans de bonnes conditions - il faut donc réformer les modalités de calculs. La capitalisation doit être écartée, c'est un leurre qui se retourne contre les salariés et crée de nouvelles inégalités.
La réforme votée n'avance aucune solution concernant le financement de la retraite, elle se contente d'organiser le déclin. Le financement des retraites doit être assuré par une bonne qualité de la croissance : emplois stables, rémunérations justes, emploi des jeunes, investissement dans la recherche et le développement. Il doit être assuré également par la modulation des cotisations patronales prenant en compte la valeur ajoutée, les produits financiers, autant que les investissements développant l'activité, et la politique d'emploi et de formation de l'entreprise. Les retraités participent activement de la dynamique économique.
La retraite est un droit, un acquis de justice. Une civilisation se juge à la manière dont elle respecte chacun et chacune tout au long de sa vie, à la manière dont elle agit pour le droit la solidarité et l'égalité.
BLOG/JMR