Placé (EELV) votera contre le traité européen et tacle Montebourg.
Si les élus Verts appartiennent à la majorité gouvernementale, le sénateur d'Europe Ecologie - Les Verts Jean-Vincent Placé prévient : il votera «non» au traité européen que le Parlement français doit ratifier fin septembre après avis du Conseil constitutionnel. Interrogé par BFM-TV ce jeudi matin, il fustige aussi le «style de M. Montebourg», ministre du Redressement productif.
«La liberté d'expression, mais pas la liberté de vote.» En juin, la petite phrase d'Alain Vidalies, ministre des Relations avec le Parlement, sur les élus écologistes, qui appartiennent à la majorité gouvernementale, avait sérieusement fait grincer des dents chez EELV. François de Rugy, coprésident du groupe Verts à l'Assemblée nationale, avait prévenu : «La liberté de parole, d'expression des députés écologistes pourra déboucher sur des votes différents si nous n'avons pas réussi à nous mettre d'accord.»
La ratification du traité européen promet des explications de textes entre les Verts et le PS. «Je ne peux pas dire qu'il y ait assez d'avancées politiques pour que ce traité soit autre chose que ce qu'il a été prévu par Merkel et Sarkozy, c'est-à-dire un traité extrêmement austère et excessivement rigoureux», accuse ce jeudi Jean-Vincent Placé. Le sénateur écologiste estime que cette position ne le met pas en marge de la majorité. «Je ne crois pas qu'une majorité ce soit des gens qui lèvent le bras quand le président de la République dit quelque chose», déclare-t-il. «J'espère que le président de la République ne souhaite pas que sa majorité soit là à voter au canon toutes ses dispositions.» Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, avait promis la «concertation» aux parlementaires EELV en les recevant le 12 juillet, à commencer sur ce dossier sensible du «traité de stabilité, de coordination et de gouvernance».
Placé salue toutefois la «nouvelle donne depuis que François Hollande est là», évoquant le «pacte de croissance».
Placé lance ses flèche contre Montebourg:
Le sénateur préfère réserver ses flèches au ministre du Redressement productif. «Je ne suis pas convaincu par le style de M. Montebourg. Quelque part il m'inquiète parce qu'il fait la tournée des entreprises en disant : Je vais résoudre les problèmes par la volonté et le verbe». «Je ne veux pas jeter la pierre à telle ou telle façon de communiquer de tel ou tel ministre, mais dire aux industries françaises: restons entre nous, protégeons-nous, cela ne va pas marcher, poursuit l'écologiste.
Il contredit aussi le ministre du Redressement productif sur le Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif) qui, selon Montebourg, va revoir l'attribution du marché de son centre d'appels, remporté par un prestataire implanté au Maroc. «La réponse n'est pas de revenir là dessus, mais de revoir ce qui est possible ponctuellement sur ce sujet, et il faut changer le code des marchés», avec des «normes sociales et environnementales», assène Placé. Avant de lancer : «On a l'impression qu'il est encore dans l'opposition parfois.»
BLOG/PCF.