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Prélèvements obligatoires : en finir avec les idées tartes à la crème.

Publié le par Section Pcf Vierzon

lesrichesses359.jpgParmi les idées tartes à la crème de la droite qui font saliver médias et économistes bien pensants, celle d’un excès de prélèvements obligatoires en France par rapport aux autres pays développés tient une place de choix.
Les prélèvements obligatoires sont constitués par les impôts et l’ensemble des cotisations sociales à caractère obligatoire.

En 2009, ils ont représenté la coquette somme de 793 milliards d’euros. Le plus gros échoit aux administrations de sécurité sociale, avec 431 milliards, l’État vient en second avec 219,1milliards ; il est suivi par les administrations publiques locales avec 116,4 milliards, les Odac (organismes divers d’administration centrale comme Pôle emploi), avec 22,6 milliards.
En queue de peloton, il y a les prélèvements de l’Union européenne qui se montent à 3,8 milliards d’euros. Tout cet argent est prélevé sur les ménages et les entreprises.
Depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, le taux de prélèvements obligatoires est passé de 43,9 % en 2006 à 41,6 % en 2009. Mais cette baisse n’a bénéficié qu’aux entreprises et aux ménages fortunés.
En octobre 2009, celui qui était 
alors président de la Cour des comptes, 
Philippe Seguin, présentant un rapport consacré aux prélèvements sur les entreprises, notait 
la quasi-stabilisation de ces derniers depuis 1985 et l’importance des réductions réalisées depuis 2007.
Mais ce débat sur l’importance des prélèvements français est truqué. La différence entre 
les différents niveaux d’un pays à l’autre mérite d’être expliquée. Ainsi, les prélèvements obligatoires au titre de l’assurance maladie sont proportionnellement plus importants dans notre pays qu’aux États-Unis alors que les dépenses de santé par habitant y sont moins élevées. 

Tout le monde reconnaît cependant que 
le système de soins est moins efficace pour la population de l’autre côté de l’Atlantique.
Comment expliquer cette contradiction ? Simplement par le fait que pour se soigner, le travailleur américain doit payer directement de sa poche, quand il le peut, et que cela lui coûte plus cher. Il subit de fait des prélèvements privés, plus coûteux. Aux États-Unis, la santé 
est en grande partie marchandisée ; en France, elle l’est beaucoup moins. Pour l’instant.
Justement l’une des clés de la sortie de crise, c’est la nécessité dans notre pays, et ailleurs également, de faire reculer les prélèvements privés et financiers en développant les prélèvements et les services publics.
Les revenus de la propriété versés par les entreprises (les charges financières.NDLR) représentaient 13,7% de la richesse créée 
par elles en 1980, cette part est montée 
à 24,2 % en 2000 et à 34,1% en 2009. 

C’est cette ponction qu’il faut réduire, 
pas les prélèvements publics utiles.

Pierre Ivorra

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Publié dans POLITIQUE

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