Référendums en Italie : deuxième claque électorale pour Berlusconi.
Désavoué aux municipales, Silvio Berlusconi a essuyé un nouveau revers personnel lundi avec un vote massif des Italiens pour refuser par référendum le retour au nucléaire, une privatisation de la gestion de l'eau et la forme d'immunité judiciaire dont il bénéficie.
Le chef du gouvernement, 74 ans, a reconnu sa défaite sur "tous les thèmes", qualifiant de "nette" la position des Italiens et estimant que "la volonté de participation des citoyens aux décisions sur notre avenir ne peut être ignorée".
Selon des données encore partielles, une énorme majorité des votants, 94 à 96%, a voté contre des lois du gouvernement Berlusconi instituant le retour à l'atome, l'ouverture au privé de la gestion et de la distribution de l'eau et une forme d'immunité pour le chef du gouvernement face à ses ennuis judiciaires.
Pour le Cavaliere, l'échec aux référendums constitue une nouvelle gifle après la déroute de sa coalition de centre-droit aux municipales partielles d'il y a 15 jours, en particulier dans son fief de Milan.
L'un de ses plus proches collaborateurs, Ignazio La Russa, affirme néanmoins que "cela ne modifiera pas l'action gouvernementale".
Mais dans l'opposition, le chef du Parti démocrate (gauche) Pier Luigi Bersani a parlé de "résultat énorme", assurant que sa formation est "le premier parti d'Italie" et appelant le Cavaliere à démissionner.
Pour M. Bersani, il y a "un divorce entre le gouvernement et le peuple".
Le pacte de fer entre Silvio Berlusconi et son allié la Ligue du Nord a aussi commencé à se lézarder, le chef de ce parti, Umberto Bossi, considérant que "Berlusconi a perdu sa capacité de communiquer avec les gens à la télévision".
Après les résultats, Roberto Calderoli, un autre poids lourd de la Ligue, s'est dit "fatigué de recevoir des claques" à cause de Silvio Berlusconi.