Syrie : 30 députés du parti Baas démissionnent.

Publié le par Section Pcf Vierzon

Une trentaine de membres du parti Baas, au pouvoir en Syrie, ont annoncé leur démission pour protester contre les "pratiques des services de sécurité".

"Les pratiques des services de sécurité à l'encontre des citoyens sans armes à Banias (nord-ouest) et des villages voisins, notamment à Baïda, sont contraires à toutes les valeurs humaines et aux slogans du parti" Baas, affirment les signataires du texte, originaires de la région de Banias. Ils évoquent "les perquisitions dans les maisons, les tirs à balles réelles sans discrimination sur les gens, les maisons, les mosquées et les églises". Ils dénoncent notamment "les agressions" perpétrées contre les habitants de Baïda et le comportement des services de sécurité et des Shabbiha (partisans du régime) "qui incite au confessionnalisme et suscite des sentiments d'hostilité entre les habitants du pays".

  • 453 personnes sont mortes depuis le 15 mars

Sur le terrain, l'armée a renforcé mercredi sa mainmise sur les 'points chauds' de la contestation du régime du président Bachar al Assad en Syrie, où un groupe de défense des droits de l'homme recense plus de 450 morts depuis le début de l'agitation à la mi-mars. Des chars ont été déployés dans les rues de Deraa, berceau de la contestation situé dans le Sud frontalier de la Jordanie. Des soldats ont fait irruption dans la nuit à Douma, banlieue de la périphérie nord de Damas. Les forces de sécurité cernent en outre Banias, sur le littoral méditerranéen. Un témoin a raconté à Reuters qu'un convoi d'au moins 30 chars de l'armée venus du sud-ouest de Damas, non loin de la ligne de front du plateau du Golan, se dirigeaient mercredi matin soit vers Douma, soit vers Dera. Dans la nuit, des autocars blancs ont acheminé à Douma des centaines de soldats en tenue de combat.

A Deraa, un habitant de cette ville privée d'électricité, d'eau et de téléphone depuis l'entrée en force de l'armée lundi à l'aube, a fait savoir que la nourriture fraîche commencait à manquer. Les épiceries distribuent gratuitement leurs produits - essentiellement de la nourriture en boîte. "Ils nous disent: 'Vous devez nous accepter et nous resterons à jamais vos maîtres, que cela vous plaise ou non !'. Et si vous résistez, c'est c'est ce qui vous arrivera !", indique un témoin. Il a ajoute que l'entrée de l'armée à Deraa constituait un avertissement aux autres localités de ce qui pourrait leur arriver en cas de poursuite de la contestation.

  • La pression internationale s'accélère

Au plan diplomatique, la France a convoqué l'ambassadrice de Syrie à Paris pour protester contre la répression des manifestants hostiles au régime. Le directeur de cabinet du ministre des Affaires étrangères, Alain juppé, a rappelé à la diplomate la "ferme condamnation" par la France "d'une répression brutale qui a fait des centaines de morts" en Syrie. Cette convocation s'inscrit dans le cadre d'une démarche coordonnée avec Londres, Berlin, Madrid et Rome. 

Les gouvernements européens se réuniront vendredi pour discuter d'une éventuelle imposition de sanctions à l'encontre de Damas - une idée partagée par l'Allemagne, qui s'est déclarée favorable à des mesures de rétorsion. En cas d'accord à Vingt-sept, les sanctions pourraient, dit-on, comporter dans un premier temps un gel des avoirs syriens et une restriction sur les déplacements des représentants et diplomates syriens. Les Etats-Unis ont déjà fait savoir qu'ils envisageaient de prendre de nouvelles sanctions ciblées en réponse aux violences "révoltantes et regrettables" exercées par les forces de sécurité à l'encontre des manifestants syriens.

BLOG/JMR

Publicité

Publié dans INTERNATIONAL

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article