Un jour sur la terre: « Mélenchon nous a reboostés »

Publié le par Section Pcf Vierzon

C'est une de ces réunions où les gens s'interpellent en s'appelant "les copains". Où certains prononcent encore l'URSS en une seule syllabe : l'Urse. Une "réunion publique" où la plupart des présents sont des militants de longue date. Un meeting organisé par le Front de gauche de Haute-Loire avec comme orateur principal Claude Debons, un des membres de l'équipe de campagne de Jean-Luc Mélenchon.

Ce mercredi 29 février, dans une salle qui ressemblait furieusement à une ancienne église, avec des contreforts en pierres massives et un chœur dans lequel on a installé l'estrade, une centaine de personnes avait fait le déplacement. Et dans un département rural votant traditionnellement à droite, et où la figure du Ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche et maire du Puy Laurent Wauquiez est omniprésente, ce chiffre avait de quoi satisfaire les organisateurs.

D'ailleurs, les militants présents ne s'y trompent pas. Avant de poser des questions dans ce qui s'apparentait finalement plus à une discussion de travail qu'à un meeting, plusieurs font remarquer, spontanément, qu'ils sentent que "cette campagne", celle de Jean-Luc Mélenchon et du Front de gauche, pourrait lancer quelque chose.

"Moi je voudrais savoir comment maintenant on peut faire concrètement avec les jeunes. Pour qu'ils comprennent qu'on peut faire bouger les choses et qu'il faut qu'il s'engagent", interroge un homme dans la salle. "Déjà, je vais vous dire, des jeunes, dans les meetings qu'on fait avec Jean-Luc, on en voit beaucoup plus qu'avant où il n'y avait que les grisonnants", répond Claude Debons, tellement sincère sur le constat qu'il en rit doucement. Comme toute la salle.

Les jeunes justement, Michelle Chaumet et d'autres militants du Front de gauche avaient tenté d'en convaincre certains le samedi précédent lors d'une distribution de tract au marché des producteurs locaux. Devant deux jeunes filles qui assuraient qu'elles n'iraient pas voter, elle essayait de faire passer le message que la politique pouvait encore changer les choses. Rire un peu sarcastique des jeunes filles, qui restent tout de même là à écouter, comme si elles n'étaient pas encore si sûres que ça d'être désabusées.

"Avant, le message ne passait pas, avance mercredi soir Raoul Saby, militant communiste de longue date. C'était juste ce qu'on disait, mais on sentait comme... un blocage, fait-il en mimant une barrière avec ses mains. On a pris du retard c'est sûr, il faut qu'on se réapproprie les aspirations de la jeunesse. Mais aujourd'hui, on sent que ça passe mieux, il y a eu comme une étincelle, poursuit-il. Peut-être un ras-le-bol général ? Un mouvement d'opinion ?"

Il y a 5 ans, la candidate du PC n'avait obtenu que 1,5 % des voix à la présidentielle en Haute-Loire. Cette fois les militants du Front de gauche misent sur 10 ou 12 %. "La personnalité de Mélenchon attire. Son passage à «Des Paroles et des actes», le débat avec Le Pen, les gens nous en on parlé." assure Christiane Laïdouni, militante du PCF, en distribuant ses tracts. "On a aussi l'impression qu'il y a un effet rassemblement de la gauche. Car maintenant le Front de Gauche est identifié. Ça donne une unité qu'on n'avait pas auparavant", ajoute Yves Prat, membre du Parti de gauche et candidat aux législatives.

Un vieux monsieur, bien mis avec une belle casquette verte sur la tête, ralentit et lit attentivement le tract qu'on vient de lui remettre. Il s'arrête à côté d'une dame très chic et interroge en montrant la photo de Jean-Luc Mélenchon : "Qu'est-ce qu'il vaut ?" Elle ne sait pas trop, hausse les épaules, mais dit l'avoir vu face à Marine Le Pen. "...Enfin, il critique mais je ne sais pas quel est son programme", souffle-t-elle.

Ce matin là, ce sont beaucoup de vieilles dames qui font leur marché. La plupart acceptent avec le sourire la feuille qu'on leur tend. "Vous avez Internet ?, demande une militante à l'une d'entre-elles qui s'est arrêtée un moment. Allez voir, parce que dans les médias officiels on ne parle pas beaucoup de nous", lance-t-elle, sémillante. La candidature de Mélenchon ? "C'est une réussite, oui, oui. Ça nous a reboostés", acquiesce-t-elle.

"C'est sûr qu'on a connu des passages difficiles et que maintenant on a une meilleure image", admet Yves Prat. "L'investissement, chez nous, est différents des autres années. On a vu arriver des personnes non encartées. Il y a plus de gens sur place qui nous appellent pour organiser des assemblées citoyennes. Avant ça venait plus du haut."

"Pour les petites gens ça peut changer quelque chose", insiste Christiane Laïdouni auprès d'une dame venue faire son marché. Juste derrière elle, une paysanne essaie de vendre un lapin et quelques œufs qu'elle a sortis, à même le sol, de son petit sac à dos. N'ayant pas de boîte pour les vendre, elle les emballe dans un journal gratuit de petites annonces.

BLOG/ Ami

Publicité

Publié dans FRONT de GAUCHE

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article