Un journaliste de «La Rép du CENTRE» a-t-il sauté à cause de son enquête sur Servier?

Publié le par Section Pcf Vierzon

6a00e54feb2d0288330147e16b3a0b970b-150wi.pngL’un des journalistes de La République du Centre a-t-il été victime collatérale du Mediator? Cette interrogation trouve son origine le mardi 4 janvier lorsque le quotidien régional, qui couvre Orléans et Gidy, les capitales historiques des laboratoires Servier, publie une longue enquête sur le Mediator. Les papiers sont du genre incisif, posent des questions qui ne ménagent pas les politiques locaux et rapportent des propos d’une audace inhabituelle. «En ouvrant mon journal, j’avoue avoir été agréablement surpris», relève un conseiller régional de gauche. Mais le jour même, Sébastien Duval, le signataire de l’enquête, est «mis à pied à titre conservatoire». Coïncidence troublante dans un dossier aussi sensible. «Je vous assure qu’il n’y a aucun lien avec le dossier Servier», assure la direction du quotidien. «Le journaliste a commis une faute grave et la relation de confiance a été rompue. C’est une affaire interne qui se réglera en interne». (Lire la suite...) Seul hic: le contrat du journaliste incriminé arrive à expiration courant février. Et ce dernier risque fort de quitter son entretien préalable à licenciement, fixé mercredi 12 janvier, en obtenant la confirmation de son départ prématuré. Alors pourquoi tant de précipitation? «La direction lui reprocherait le fait d’avoir conservé un paragraphe critique sur les habitudes de recrutement du groupe Servier», rapporte un journaliste de La République du Centre. «Ce sont pourtant des informations connues de tous».

Dans son article, Sébastien Duval affirme que «Servier préfère les candidats consensuels et pas trop à gauche» - une information largement confirmée par les enquêtes de Libération - et rapporte les propos de sources qui «s’étonnent de n’avoir vu presqu'aucun noir, ni arabe derrière les paillasses».

Contacté par Libération, le journaliste n’a pas souhaité s’exprimer avant son entretien préalable à licenciement.

Du coup, le silence de la direction a quelque chose d’ennuyeux. Soit il s’agit effectivement d’une faute commise par le journaliste, mais dans ce cas pourquoi avoir attendu la parution de l’article pour le sanctionner? Soit certains propos ont déplu et Sébastien Duval paye alors le prix de pressions. Soit le journal n'ose pas reconnaître des dysfonctionnements internes qui permettent la publication d'articles non-validés. Et dans tous les cas, la stratégie de la direction paraît suicidaire.

Journal Libération.

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Publié dans Dans la presse.

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