2012 : la gauche ne doit pas vendre la peau de l'ours !!!

Publié le par Section Pcf Vierzon

Trois sondages en trois jours célèbrent tous le grand retour de la gauche sur le devant de la scène politique en 2012. Mais cette hâte à ériger l'opposition en grande gagnante est-elle tout à fait justifiée et raisonnable ?
Unanimes. Quel que soit l'institut ou le média, les sondages sont unanimes : la gauche aurait toutes ses chances de l'emporter en 2012. Une semaine avant l'université d'été du Parti socialiste à la Rochelle, chaque journal y va de la publication de son enquête d'opinion. «La gauche séduit, la gauche fait envie, la gauche va gagner !», semblent clamer en choeur les sondeurs.

Attention quand même à ne pas se fier aveuglément aux apparences sondagières.
Dimanche, l'Ifop et le journal Ouest France publient une étude intitulée «L'image du Parti socialiste auprès des Français». 51% des Français interrogés estiment que le PS s'oppose suffisamment au gouvernement. Le lundi, Libération fait sa une sur un sondage Viavoice selon lequel «55% des Français souhaitent l'alternance en 2012». Enfin, le Nouvel obs du 26 août dévoile une enquête TNS-Sofres-Logica qui érige DSK en «superstar» avec 59% d'intentions de vote au second tour de la présidentielle. Trois sondages crescendo donc qui doivent, certes, rassurer à gauche mais peuvent laisser perplexe quand on les observe de plus près.

Candidats imaginaires
Comme le souligne Jean-Luc Mélenchon sur son blog, les questions du sondage Viavoice publié dans Libération manquent de limpidité. Demander «Pensez-vous que tel responsable politique doit se présenter en 2012?» paraît une façon un peu tordue d'interroger les sondés en prévision de 2012. Une question plus directe comme «qui voudriez-vous voir élu président?» aurait sans doute été plus appropriée et les réponses plus significatives.

A cette faille méthodologique s'ajoute un anachronisme de taille : Viavoice propose aux personnes interrogées des candidatures obsolète comme celle de Marie-George Buffet, qui a pris sa retraite politique voici plusieurs mois. Une « audace » qui ne manque pas de faire sourire Mélenchon, lui-même grand oublié de l'enquête : «Personne ne souhaite ma candidature si j’en crois le sondage « exclusif » de Viavoice ce matin dans « Libération ». Il est vrai que mon nom n’a pas été proposé. Celui de François Hollande oui, par contre. Ca va de soi. Le nombre de gens qui me demandent de ses nouvelles m’avait bien fait sentir la percée qu’il opère. Celui de Marie-Georges Buffet a été lui aussi proposé. Je trouve très accrocheur son score de quarante pour cent de gens qui pensent qu’elle devrait se présenter».

 Construction sondagière:
Un sondage mérite toujours d'être relativisé puisque comme le rappelle le Nouvel obs, «il ne s’agit que d’une photo prise à un instant T ». Plusieurs éléments sont donc à nuancer dans les enquêtes parues cette semaine:

D'abord, le score attribué à DSK au second tour de la présidentielle (59%). Tant que le président du FMI reste en retrait de l'autre côté de l'Atlantique, sa côte de popularité est épargnée. Mais dès son retour, si retour il y a, DSK, contraint de s'exprimer et de se positionner sur les sujets qui font l'actualité, jettera sa notoriété en pâture à l'opinion. Car, contrairement au vieil adage, il semblerait qu'au royaume du sondage, les absents aient toujours raison : moins on parle d'eux, plus on les regrette comme le montre l'immense pic de popularité de Jacques Chirac.
Ensuite, «L'envie de gauche» imaginée par Libé laisse un peu songeur. Car « une envie de gauche » ne fait pas une présidentielle. Et puis, sans vouloir désespérer St Germain, peut-on parler d'envie ? Certes, seuls 24% des personnes interrogées par Viavoice veulent la réélection de Sarkozy mais de là à conclure à «une envie de gauche», le chemin est encore long et sinueux. Le vote pour la gauche ne peut pas se réduire à un vote de protestation contre Sarkozy. Il faut que le PS, Europe écologie, le Front de gauche proposent, innovent, suggèrent pour fédérer. Et pour l'instant, ni la crise, ni la sécurité ne semblent trop inspirer leurs dirigeants. Les médias ne retiennent d'Aubry que son silence sur les questions de sécurité, seule Ségolène commence à faire timidement entendre sa voix. A tel point que l'enquête Ifop révèle, elle, que «seuls 34% des interviewés pensent que le PS est porteur d'un projet pour la France». Rappelons qu'en 1997, la gauche avait eu la présence d'esprit d'adosser sa campagne pour les législatives à un programme composé de quelques propositions phares. Ainsi, les 700 000 emplois jeunes et les 35 heures ont largement contribué à la victoire du PS. Sans proposition point de salut ?
Bref, ce n'est pas parce que l'étoile du sarkozysme palit que la gauche retrouve des couleurs. Et le cimetière des homme politiques regorge de stars qui ont cru, sur la foi de sondages indiscutables que l'élection était déjà jouée. A bon entendeur...

BLOG/JMR
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Publié dans POLITIQUE

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