Débat à gauche : Pas de compromis médiocre sur l'Ecole!
Les questions de l’Ecole et de la réussite scolaire des enfants préoccupent grandement nos concitoyens, à l’heure ou la droite casse l’école, avec la baisse programmée des dépenses publiques.
Mais, pas plus hier qu’aujourd’hui, le système de formation n’est à la hauteur des exigences de savoir et de formation du XXIèm siècle.
Avancer des propositions fortes et crédible pour une école de la réussite pour tous, une école vraiment égalitaire est aussi un des enjeux de ces cantonales.
Stéphane Bonnery, chercheur en sciences de l’éducation et dirigeant communiste, souligne, pour le regretter, qu'au sein du Front de Gauche, existent des désaccords avec le Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchons.
Pourquoi en effet, avoir peur d’avancer l’idée de la transformation nécessaire et de la démocratisation du système scolaire ? Notre blog publie des extraits de son éditorial de la Lettre du Réseau école du PCF.
En effet, avec la réforme de l’autonomie des établissements, et la raréfaction des postes de fonctionnaires d’état, voila le scénario prévu par le gouvernement : quasi fin des financements nationaux, les établissements devront se tourner vers les collectivités locales pour financer les postes d’enseignants « optionnels » au-delà du socle commun, poussant ainsi à ce que, faute de pouvoir financer partout, on regroupe d’un côté les enfants de familles populaires dans certains établissements de la ville ou du canton, en limitant l’enseignement au « socle commun », et d’un autre côté dans des établissements différents les enfants qui ont déjà acquis des choses à la maison et avec qui sera alors visé non seulement le socle, mais aussi le reste du programme, avec des profs contractuels pour ce faire.
Le gouvernement a tout mis en place pour ce renoncement à l’égalité : l’affaiblissement de la carte scolaire et le choix des élèves recrutés par l’établissement sous prétexte d’exhortation aux « projets » d’établissements différents donc en concurrence les uns avec les autres, ce qui se traduit déjà par le dispositif se substituant à l’éducation prioritaire cyniquement appelé « ECLAIR ».
Plus que jamais, le peuple de France va avoir besoin d’élus capables d’interpeller l’Etat sur ses responsabilités, refusant de s’y substituer, assumant ce qui est de leur rôle (construction de bâtiments, etc.) pour mieux signifier à l’Etat que c’est à lui d’assurer l’égalité pédagogique sur tout le territoire, que le caractère national de l’éducation est une condition de l’égalité.
Esquiver ce débat de fond, en se contentant de demander que la droite « dégage » pour prendre sa place, c’est laisser penser au peuple qu’il n’y a le choix qu’entre un projet de droite et une absence de projet, sans issue.
C’est ainsi un jeu dangereux pour notre pays que jouent certains à gauche, y compris parmi nos partenaires, de ne pas pointer ces aspects, en se focalisant sur les ambitions politiciennes personnelles de 2012.
Dans ces derniers jours de campagne, les communistes ont tout à gagner au rassemblement pour une autre politique éducative : l’attente est grande comme le montrent les discussions avec les parents, les lycéens, les étudiants, les pédagogues, les syndicalistes.
A ce titre, et même si notre activité ne saurait se réduire aux campagnes électorales, 2012 sera un rendez-vous important, avec la présidentielle, mais aussi son articulation avec les législatives. Il faudra y faire entendre un projet, et pas seulement le refus ou la dénonciation.
Dans ce sens, depuis des années, les communistes, tous ceux qui participent à notre réseau école, élaborent des idées. Lors des multiples débats que nous avons conduits, et dont le nombre s’est accru ces derniers mois, elles trouvent beaucoup d’écho.
La richesse de notre démarche n’est pas de se présenter "les mains vides" devant les militants de terrain, ni de leur donner nos propositions « à prendre ou à laisser ».
C’est de la confrontation que nous ferons un projet ambitieux.(…) Il faut que chacun le sache, tout ne se fait pas simplement. Nous avons un débat, et même un désaccord avec le PG sur la démarche du rassemblement.
Il ne m’a pas semblé souhaitable que les responsables des questions éducatives des partis du Front de gauche se mettent à l’avance d’accord sur un minimum commun, qui aurait été bien étroit.
Oui, il nous faut rechercher des cohérences, des convergences. Mais pas sur le minimum de départ qui empêche le débat, et pour tout dire, qui réduit la participation populaire à un simple auditoire. (…)
C’est une autre démarche(…)que nous entendons poursuivre : celle qui fournit l’occasion à chacun de construire une action politique sur l’école et sur la société, sans s’en remettre à des accords politiciens élaborés en catimini ou à un sauveur suprême, fût-il de gauche, qui se proposerait comme alternative à l’autocratie de droite.
Les partis n’ont pas à être en retrait sur leurs propositions. C’est l’un des apports essentiels qui alimente la confrontation, l’appropriation par chaque militant. Il y a besoin de débattre, de confronter avec d’autres opinions, pour qu’advienne le meilleur projet possible de transformation progressiste de l’école.
Nous savons que dans le Front de Gauche, tout le monde n’est pas d’accord sur la nécessité de parler de transformation de l’école et d’une nouvelle phase de démocratisation scolaire.
Débattons-en, avec tous ceux qui veulent s’engager pour une réelle alternative de gauche. Au contraire du plus petit dénominateur commun au départ (qui ne peut conduire qu’à des compromis médiocres, donc à notre inutilité), c’est le frottement de tous les arguments qui participera d’un projet novateur et crédible.
Au PCF, quelques axes nous semblent essentiels pour envisager l’avenir :
- la culture scolaire commune que toute une génération a besoin de s’approprier pour vivre dans une civilisation de demain modelée par les savoirs savants et les technologies ;
- la démocratisation : le nécessaire allongement des études et le combat contre les inégalités ;
- la reconnaissance égale des qualifications, des diplômes ;
- les pouvoirs donnés à la communauté scolaire dans un cadre national ;
- les moyens financiers, en matériel, en personnel, en recherche et formation pour atteindre ces objectifs.
BLOG/JMR dessin Claude.