Législatives au Portugal : les communistes font mieux que résister avec 8% des voix.
Ce dimanche 5 juin, les électeurs portugais étaient appelés aux urnes pour des élections législatives anticipées après la démission du gouvernement socialiste de Socrates en mars dernier. Le gouvernement avait alors été mis en minorité par les députés communistes, du Bloc de gauche et d'une partie de la droite sur le vote du quatrième plan d'austérité.
Plusieurs enseignements, le premier c'est un certain désabusement des portugais vis-à-vis de la politique caractérisé par un niveau d'abstention particulièrement élevé, un peu plus de 41%. Il est à noter toutefois que ce taux d'abstention record ne marque pas une hausse significative depuis le dernier scrutin de 2009 (40,32%).
La droite a su profiter habilement de son double discours, axant sa campagne sur la nécessité d'un « changement » tout en ayant soutenu pendant deux ans la politique d'austérité du gouvernement Socrates et du PS. Le PSD réalise une percée historique avec 38,63% des voix (+ 9,52%) tandis que le parti de droite extrême, le Parti populaire confirme son bon score de 2009 avec 11,74% des voix.
A la gauche du Parti socialiste, le scrutin était lourd de sens pour déterminer si les derniers bons résultats du « Bloc de gauche » étaient, comme le soutenaient les médias dominants, la preuve d'une dynamique nouvelle, ou, comme nous le soutenions, un feu de paille électoral.
Pour les communistes, le défi était de taille. Alors que les derniers scrutins marquaient une persistance dans l'absolu de la CDU (Convergence démocratique unitaire – coalition électorale menée par les communistes), les communistes avaient été devancés à deux reprises par le « Bloc de gauche » en 2009, aux européennes (10,72% contre 10,64%) et aux législatives (9,81% contre 7,86%).
La nouvelle donne est donc marquée par une lourde chute du Bloc de gauche qui passe de 9,81% et 16 députés en 2009 à 5,19% et 8 députés en 2011, perdant par ailleurs près de 300 000 voix. Les résultats du « Bloc de gauche » (BE) sanctionnent l'optique politicienne du BE qui avait notamment soutenu le candidat socialiste au premier tour aux dernières présidentielles.
De son côté, le Parti communiste portugais se porte plutôt bien. Certes, les communistes auraient espéré une progression électorale plus nette, ils se contenteront d'être la seule force à gauche à progresser avec 7,94% des voix, soit un score presque identique à celui de 2009 (+ 0,08%), et 1 député de plus, 16 au lieu de 15. Le score de la CDU reflète encore une fois la persistance du vote communiste. La CDU obtient ses meilleurs scores et conserve la deuxième place dans l' « Alentejo rouge » : dans les districts de Setubal (19,65% et 4 députés), d'Evora (22,06%) et de Beja (25,39%). Les résultats sont également bons dans l'agglomération Lisboète avec 9,55% des voix – soit 4 points de plus que le Bloc de gauche – et 5 députés.
Comme aiment à le répéter les communistes portugais, « A luta continua ». Cette élection ne marque pas la fin d'une campagne électorale, elle marque le début d'une campagne de lutte contre le nouveau plan d'austérité concocté par le FMI et l'UE et mis en œuvre par le prochain gouvernement de droite avec le soutien du PS.
BLOG/Jacques Tourtaux. Source : " solidarité internationale PCF"