Retraite : les Slovènes refusent de travailler jusqu’à 65 ans!
Malgré les appels que leur avaient lancés leur gouvernement social-démocrate et le gouverneur de leur Banque centrale, les Slovènes ont rejeté, dimanche 5 juin, à plus de 70% le projet de réforme relevant de 63 à 65 ans l'âge légal de la retraite. Selon le résultat final encore officieux de ce référendum, cité par l'Agence France-Presse (AFP), le "non" l'a emporté par 72,17% des voix, contre seulement 27,83% pour le "oui".
La participation a été faible avec seulement 41% de votants sur 1,7 million d'électeurs inscrits. Le "non" l'a aussi emporté à plus de 70% dans deux autres référendums, l'un sur un projet de loi sanctionnant le travail au noir et l'autre restreignant l'accès aux archives de la période communiste des services secrets.
La dramatisation des enjeux du premier scrutin n'a pas fait fléchir les électeurs de ce seul Etat membre de l'ex-République fédérative de Yougoslavie à être adhérent de l'Union européenne (depuis 2004) et de la zone euro (depuis 2007). Du fait de la crise de 2008-2009, le taux de chômage a quasiment doublé en Slovénie pour s'établir à 8,2% (contre 9,9% dans la moyenne de la zone euro) et la dette publique est passée de 22,5% à 43,3% du produit intérieur brut (PIB).
"Jusqu'à dimanche, nous sommes encore maîtres de notre destin. Mais, si nous ne soutenons pas cette réforme, les finances publiques peuvent s'effondrer et alors les maîtres de notre destinée seront les Etats qui nous prêterons de l'argent", avait insisté avant le scrutin le premier ministre social-démocrate, Borut Pahor, dans une claire allusion au sort de la Grèce, de l'Irlance et du Portugal.
Nous payons des années de propagande qui voudrait que nous communistes sommes de doux rêveurs, qu'il n'y a aucune alternative viable au système économique actuel et vu que nous somme dans une économie mondiale nous ne pourrions rien faire seul face au reste du monde.
C'est sûrement ce que l'ont a dit aux islandais et aux vénézueliens, la seule différence c'est qu'ils ne sont pas tombé dans le fatalisme. Résultat l'Islande qui était au bord de la « faillite » après avoir refusé le plan d'austérité voulu par le FMI commence à voir le bout du tunnel ( contrairement à l'Espagne, la Grèce, le Portugal, qui eux ont suivis scrupuleusement les consignes du FMI et continuent a être dépouillés par les banquiers).
"Nous appelons les électeurs à réfléchir très sérieusement aux perspectives sur le long terme", avait déclaré de son côté le gouverneur de la Banque centrale slovène Marko Kranjec, en mettant en garde ses compatriotes contre le risque d'une dégradation de la notation de la Slovénie avec toutes ses conséquences possibles sur la croissance.
Le projet de réforme des retraites, exigé par l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI), avait été adopté en décembre par le Parlement avant de susciter l'ire des syndicats et de l'opposition, qui ont obtenu l'organisation de ce référendum.
BLOG/JMR