Quand les Indignés campent à la Défense
Le 4 novembre, des "Indignés" se sont installés sur l'esplanade de la Défense, devant la Grande Arche.
Leur campement a été démantelé par la police cette nuit. Notre reporter a pu rencontrer ces hommes et ces femmes qui s'endormaient sur des cartons, avant que les forces de l'ordre n'interviennent. Au-dessus de leurs têtes, des banderoles dénoncent le pouvoir de la finance et réclament la réappropriation de l'espace public par les citoyens.
Les hautes tours du quartier d'affaire s'élancent dans le ciel. Pendant plus de dix jours des "indignés" ont tenu leur camp sur cette esplanade, symbole de la finance parisienne. Cette nuit, la police est intervenue pour le démanteler.
Peu après l'intervention, les forces de l'ordre gardaient un amas de pancartes. Avec des palettes, des Indignés tentaient de reconstituer leur campement.
Les Indignés ont qualifié de "violente" cette intervention à l'issue de laquelle aucun blessé n'a été signalé, selon la source préfectorale et les manifestants.
Dans la nuit de mardi à mercredi, le campement s'est vu à nouveau saccagé avec violence par les forces de l´ordre qui sont allées jusqu'à piétiner la nourriture et les médicaments, ont indiqué les Indignés dans un communiqué.
Mais aucune interpellation n'a eu lieu et les indignés tentent de le reconstituer.
"Ce harcèlement policier ne fait que renforcer la légitimité de cette occupation par ces citoyens déterminés à prendre leurs responsabilités et à résister de manière non-violente face à un Etat qui emploie des méthodes fascistes indignes d'une démocratie".
Sur leur page Facebook, hors d'atteinte de la police, chaque jour dans toute la France, ils témoignent de leur engagement à "dénoncer le pouvoir de la finance" et à "se battre pour la liberté d'expression dans l'espace public".
De jour en jour les températures se font plus hivernales. Plus de tentes, elles ont été "embarquées par les forces de l'ordre" dit l'un des porte-parole du mouvement. La fatigue commence à marquer les visages. Mais si la mobilisation est modeste (en moyenne une centaine de personnes présentes), elle semble résister au découragement. Pour preuve, la cuisine faite de palettes a été reconstruite pour la quatrième fois.
Les indignés de France.