Circuits courts et prix élevés en grande surface.

Publié le par Section Pcf Vierzon

gs 1Grâce à leurs centrales d’achat, les enseignes obtiennent les plus bas prix auprès des producteurs. Mais celui payé par le consommateur en libre-service est plus élevé que sur les marchés des quatre saisons.

À chaque initiative estivale du Modef avec les communistes d’Île-de-France, des consommateurs bien intentionnés expriment le souhait de voir se généraliser ces ventes directes afin d’avoir un circuit court qui relève du gagnant-gagnant, pour le producteur comme pour le consommateur.

Mais cette montée à Paris, particulièrement lourde en travail bénévole et en logistique, ne peut être que ponctuelle. Il existe en revanche des circuits courts à travers l’adhésion de groupes de ­consommateurs à une Association pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap), avec un contrat annuel et une livraison hebdomadaire d’un panier de fruits et légumes frais par adhérent.

Contrairement à ce que pensent encore trop de consommateurs, l’énorme différence entre le prix qu’on paie et celui que perçoit le producteur n’est plus imputable au nombre d’intermédiaires. Hormis quelques promotions, les fruits les plus chers sont vendus dans les enseignes de la grande distribution. Via leurs centrales d’achat, elles ­achètent leurs fruits et légumes frais aux coopératives ­agricoles. Le lieu de transaction est le marché au cadran avec ses enchères descendantes. Le prix voulu par le vendeur n’est jamais le prix vendu.

Le prix vendu en grande surface est ensuite plus cher que celui des vendeurs des quatre saisons qui paient leur place sur les marchés citadins après s’être approvisionnés sur un marché d’intérêt national (MIN). Ajoutons que les grandes surfaces exigent des produits sans le moindre défaut d’aspect, ce qui conduit à des quantités énormes mises au rebut. Côté arnaque, quand arrive la saison des pommes en France, les grands distributeurs ont déjà rempli leurs chambres froides de fruits importés de l’hémisphère Sud. Ils limitent ainsi la demande et payent moins les producteurs nationaux. Du coup, les pommes cueillies et mises au bout du verger par caisses de 500 kg se vendent entre 35 et 40 centimes le kilo. On les retrouve ensuite à plus de 2 euros le kilo dans les grandes surfaces.

La gauche parlementaire pourrait légiférer pour contractualiser des volumes de commercialisation et fixer des prix planchers qui couvrent les coûts moyens de production. Faute de quoi, le déficit de la balance commerciale du secteur des fruits et légumes continuera de croître au fil des abandons de production.

BLOG/PCF Vierzon.

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