Dossier: ArcelorMittal le site de Florange est viable, selon un rapport.

Publié le par Section Pcf Vierzon

Le site mosellan d'ArcelorMittal, dont les deux hauts fourneaux ont été arrêtés sur décision du groupe depuis des mois, est viable. C'est ce qu'affirme le rapport d'une mission d'expertise sur Florange remis ce vendredi au ministre du Redressement productif. La direction d'ArcelorMittal a répondu qu'elle allait "analyser cette étude".

Pour le groupe sidérurgique qui a décidé de prolonger l'arrêt des deux hauts fourneaux jusqu'à fin 2012 et offre au site un avenir incertain, il s'agit d'un camouflet. Ce rapport met à mal les arguments brandis par Mittal pour justifier l'étouffement de Florange.

"Viable, fiable et rentable"

Le rapport mené sous la houlette de Pascal Faure, vice-président du Conseil général de l'économie, de l'industrie, de l'énergie et des technologies, indique que le site intégré (filière chaude et froide), est "viable, fiable et rentable" et nécessite un investissement de 400 à 500 millions d'euros, ont indiqué les syndicalistes de Florange à l'issue d'une rencontre de plus de trois heures avec Arnaud Montebourg.

La mission, décidée début juin, a examiné "les évolutions du marché de l'acier en France et en Europe, puis a dégagé les pistes permettant d'assurer un avenir industriel et économique pérenne au site sidérurgique de Florange", a affirmé le ministère dans un communiqué.

Les atouts du site:

Le rapport, selon le ministère, "met en évidence les atouts du site intégré de Florange, idéalement localisé par rapport à ses grands clients, notamment automobiles, et qui se distingue par la technicité des aciers à haute valeur ajoutée produits par ses chaînes à froid, fruits des innovations du centre de recherche et développement voisin de Maizières-lès-Metz".

Selon une note de synthèse obtenue par l'AFP, le rapport prône aussi "un plan d'investissement rapide" pour le site "pour compenser les retards" des dernières années et une "prise de décision rapide" pour "conforter (son) avenir et restaurer la confiance".

"Il faut vite que ça change"

Les syndicats se sont dits "satisfaits" du rapport, à l'instar d'Edouard Martin (CFDT) qui "craignait un essoufflement du gouvernement sur le dossier".

"Il faut que les choses aillent très vite", a réagi en écho François Pagano (CFE-CGC) : "Humainement, pour les salariés car ils sont usés, et industriellement car les outils sont à l'arrêt depuis des mois et puis, sortir 5-6 millions pour une filière à l'arrêt, ça ne peut plus durer. Nous sommes désormais sûrs que le gouvernement a les mêmes priorités que nous: de lever les incertitudes et de travailler pour convaincre Mittal de se positionner - soit il investit, soit il délaisse la filière sidérurgique."

L'Etat à la baguette:

Selon les syndicats, M. Montebourg leur a indiqué que le président Hollande s'occuperait personnellement du dossier et rencontrerait en août le patron Mittal, une information toutefois démentie par l'Elysée.

Le rapport Faure préconise l'instauration "sans délai" d'un "véritable dialogue stratégique" entre l'Etat et le groupe ArcelorMittal. Mais en cas de "divergence irréductible", "il conviendrait d'examiner les perspectives d'évolution de l'actionnariat et le périmètre correspondant", dit-il.

Arnaud Montebourg a évoqué divers scénarios selon les syndicats, dont celui d'un repreneur (plusieurs se sont déjà manifestés) dans l'éventualité où Mittal délaisserait le site lorrain, selon les syndicats. A l'unisson, les syndicats par ailleurs ont rappelé leur attachement à l'idée d'un projet de loi obligeant un industriel se désengageant d'une usine à la céder, en cas d'offre de reprise.

ArcelorMittal rappelle son engagement en France. "ArcelorMittal va analyser cette étude. Le groupe tient à réaffirmer son engagement vis-à-vis de la France qui reste un pays stratégique pour le groupe. Le rapport reconnaît que la situation européenne de l'acier est préoccupante avec une demande structurellement en baisse", a déclaré la direction du groupe sidérurgique dans un communiqué. La direction d'ArcelorMittal ajoute avoir "également pris note de l'invitation du ministre Arnaud Montebourg à engager une discussion stratégique" et se dit "prête à poursuivre le dialogue de manière constructive".

Publié dans Social-Economique

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