Incendie mortel à Saint-Denis : deux morts et seize blessés.

Publié le par Section Pcf Vierzon

Deux personnes sont mortes, quatre sont gravement blessées et douze l'ont été plus légèrement dans l'incendie, d'origine indéterminée, d'un immeuble insalubre du centre de Saint-Denis dans la nuit de samedi à dimanche.

Le pronostic vital d'un des blessés, qui s'est jeté par la fenêtre, est engagé. Un pompier figure parmi les blessés graves, un autre a été plus légèrement atteint. "Le bilan est de deux morts et seize blessés", a précisé sur place le préfet de Seine-Saint-Denis, Christian Lambert. "J'ai vu un jeune qui était au troisième étage, il s'est accroché à la gouttière pour se laisser glisser jusqu'en bas mais la gouttière s'est tordue sous son poids et il est tombé sur la tête", a décrit Fayçal Abidi, membre du centre culturel Tawid, proche des lieux du drame. Une voisine dit avoir été "interpellée par les cris de panique des gens". "J'ai vu plusieurs personnes sauter", lâche-t-elle, très émue. "J'ai sauté du premier étage", témoigne une habitante de l'immeuble, sous le choc, un bandage sur le genou.

Dimanche matin, des badauds hébétés regardaient les pompiers évacuer les corps des victimes, tandis que de la fumée s'échappait du bâtiment. "L'insalubrité tue", peste un voisin. "Ce sont des appartements qui ne sont pas entretenus et qui accueillent les populations les plus pauvres", décrit une autre voisine. Ce drame "renforce la détermination du gouvernement et la mienne à considérer que le logement est un bien de première nécessité et qu'on ne peut accepter que des gens vivent dans des situations aussi périlleuses", a réagi la ministre du Logement Cécile Duflot, venue sur les lieux.

"Sur une dizaine d'années, une trentaine de personnes sont mortes à Saint-Denis à cause de l'habitat indigne, dans des incendies ou dans des effondrements", a déclaré l'adjoint au maire chargé de l'urbanisme Stéphane Peu. Dans l'immeuble de cinq étages, où le feu a pris vers 01H30, la municipalité venait d'entreprendre des travaux d'urgence sur le système électrique, la façade, les conduits de cheminée obstrués et la consolidation des planchers, faute de réponse des copropriétaires aux mises en demeure administratives, selon l'élu, qui parle d'un lieu de squats et de "trafics". Le bâtiment figurait dans le programme national de résorption de l'habitat insalubre, a précisé le maire (PCF) de la commune, Didier Paillard. Selon l'adjoint, l'immeuble comptait une cinquantaine d'habitants. Toutes les personnes évacuées en raison de l'incendie seront relogées "dans la journée", a promis la ministre du Logement.

L'association Droit au logement (DAL) a mis en cause dimanche la "responsabilité" des propriétaires de l'immeuble. Cet incendie meurtrier "vient à nouveau endeuiller des familles et jeter à la rue des victimes. Il vient nous rappeler cette triste vérité: les mal-logés et les sans-logis sont les principales victimes des incendies, car ils se logent où ils peuvent, dans des locaux et des immeubles plus dangereux, mal construits et mal entretenus", écrit le DAL dans un communiqué.

Journal "l'Humanité". 

Publié dans SOCIAL

Commenter cet article